20.05.2009
Pourquoi un breton exilé à Paris ouvre t’il un blog sur le site du Télégramme ?
Paris est le centre de la nouvelle "information" interactive.
Ici, facile d'aller faire le tour des rédactions, de s'offrir une notoriété dans la "blogosphère", voire d'être payé pour tenir un blog.
Alors, pourquoi ouvrir une page personnelle sur un site de la Presse Quotidienne Régionale du bout du monde ?
Je travaille grâce à Internet depuis 1995.
Les choses ont bien évoluées depuis, l’interactivité est de mise.
Les blogs sont des micro médias. Cela serait injure d’en faire la démonstration, tout le monde sait peu ou prou comment cela fonctionne.
Le modèle est même devenu pour certains sites « d’informations » la source essentielle de leur contenu.
J’ai travaillé pour quelques sites de ce genre. Au fil du temps, j’ai pu en pointer les limites, les dérives, voire l’absurdité du contenu.
Les blogs sont par exemple pour les journaux gratuits à la fois un appel publicitaire, ce qui est finalement normal, une source d’information non rémunérée, ce qui l’est un peu moins, et la possibilité d’une communication indirecte, ce qui reste discutable.
Les nouveaux venus sont des sites gratuits, sans version papier, d’information en continu dont les blogueurs, le plus souvent, ne font que piller la ressource existante, modifiant à peine à peine le contenu d’autres articles de presse. Là, nous sommes dans le détournement pur du travail de journalistes. Il y a eu débat durant un temps, maintenant c’est passé dans les mœurs, dans des habitudes normalisées.
Après l’information nationale basée sur des simples copiés-collés d’agences de presse, l’évolution normale, donc, est l’application du même procédé sur les articles faciles à copier sur les sites de la Presse Quotidienne Régionale. Je connais un site en particulier dont la rubrique « faits divers » n’est constituée que d’une réécriture de la PQR nationale.
J’ai même été payé pour tenir une telle rubrique sur la sécurité intérieure, qui est mon domaine d’expertise le plus pertinent peut-être en matière de presse.
Naïvement, j’ai cru un temps que le travail constituait dans la rédaction d’articles avec un minimum d’analyse, de recoupements, de recherches. Un travail normal de journaliste en quelque sorte. Evidemment cela prend du temps et le calcul « rentabilité/investissement horaire » était loin d’être positif. D’autant que le paiement (500€mois brut) était trimestriel, ce qui m’avait de prime abord échappé. Ce qui revenait à avancer le temps de travail, d’investigation et les frais incontournables de déplacement, d’interviews ou de téléphone…Avec comme « carotte » la promesse d’être intéressé aux recettes publicitaires….à condition de générer du trafic, avec de fermes recommandations sur cette priorité au détriment du contenu. En gros : raconter n’importe quoi en recopiant bêtement ce que je trouvais, pourvu que cela fasse parler dans le Landerneau virtuel. La seule chose qui comptait pour le titre, finalement, était d’utiliser ma petite notoriété dans ce domaine pour crédibiliser leur « sérieux ».
J’ai facilement démontré l’absurdité totale de la démarche en générant un jour plus de 170 000 lectures avec un billet sur Carla Bruni qui ne contenait….aucune information. Finalement, il suffit d’un titre d’article un peu travaillé et de quelques « tags » malins pour faire tourner la machine, même dans le vide…
Inutile de dire où, je ne fais pas de publicité gratuitement.
Car la particularité de ce genre de médias interactifs et gratuit est qu’ils doivent générer le maximum d’audience pour être attractifs pour les annonceurs publicitaires. D’où une focalisation éditoriale sur les sujets qui « buzzent ».
La recette est simple.
Environ un tiers de faits divers sordides, lorsque l’on fait une recherche quotidienne nationale c’est assez facile d’assurer une production en flux tendu, un tiers de « People ou de peopolique » qui tient souvent du domaine du simple ragot et un tiers de polémiques plus ou moins justifiées, que l’on repasse en en boucle en l’actualisant toutes les heures. Reste un faible pourcentage « d’analyses » ou de pseudo enquêtes pour crédibiliser la qualité éditoriale.
L’effet collatéral est la réécriture régulière des titres des « blogueurs », accrédités ou volontaires, lorsque leur production est mise en « Une » pour qu’évidemment la mayonnaise possède le plus de chance de monter.
Tout cela est loin me semble t’il de l’information, mais c’est un modèle, il faut le savoir, qui est également développé dans les écoles de journalisme.
L’interactivité permise par Internet est intéressante lorsqu’elle permet d’échanger des points de vue, des analyses, fussent-ils contradictoires, pas de piller les ressources existantes en les réécrivant de manière polémique…pour ouvrir la porte à tous les débordements.
Il est en effet intéressant de constater, qu’en terme de débats, ces supports sont devenus le nid de tous les excès, avec toutes les difficultés du monde pour les modérateurs de garder une simple légalité de surface à propos des propos tenus par des intervenants le plus souvent anonymes.
Il y a là, évidemment, un phénomène évident de baisse de qualité des échanges (et de l’information) qui est justement la pierre d’achoppement qui génère l’audience. C’est un peu comme si on laissait cultiver librement des microbes par les premiers venus pour ensuite discuter d’une politique de santé…
L’autre aspect de l’information sur la toile est le parisianisme très affirmé des rédactions. Inutile de revenir là-dessus, il suffit de lire leurs sujets.
Il reste, bien sûr, les sites payants. L’information représente un coût, c’est de prime abord logique. Sauf que là, la signature finalement compte plus que le sujet. C’est un peu la faille des journalistes reconnus. En premier lieu, c’est leur avis qui compte, leur nom, leur visage. Un peu comme à la télévision…
Alors finalement, quitte à ouvrir à nouveau un blog, autant revenir à la source, aux médias régionaux de proximité. Je ne cours pas après la notoriété, me moquant de montrer mon nombril comme centre du monde (ou de la capitale ce qui revient souvent au même dans l’esprit des « néo-journalistes »).
Mon avis importe peu ne faisant pas partie du gotha parisien, qui souvent me fait rire et dont il arrive de me moquer, ceci expliquant peut-être cela.
Au moins, ici, sur un blog rattaché à un journal de ma région d’origine, aurai-je peut être un peu la paix et entendrai-je parfois le bruit des vagues, les vraies, à travers mon écran ?
Inutile de chercher dans mes contributions une « ligne éditoriale », ni même un rythme de parution régulier, peut être un ou deux billets par semaine. Parfois simplement des photos. La seule chose qui m’intéresse est de publier librement mon humeur du moment…et d’en discuter avec qui le voudra. Et puis cela sera l'occasion de discuter avec des bretons des soubresauts de l'actualité, de la société, à partir d'une capitale qui se veut incontournable...
Pour l’heure ma priorité est de partir dès cet après-midi en Finistère pour aller poursuivre l’écriture de deux romans (très) noirs, dont l’un se déroule à Quimper, loin du bruit de la région parisienne pour une bonne vingtaine de jours.
Rien que cela me donne déjà une réelle énergie.
A bientôt donc.
12:28 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : blog, médias, information, société








Commentaires
Enfin un blog, Marc. Il était temps. J'ai supprimé mon compte (demande en cours) et troqué mon lien "favori" de cet espace de désinformation dont je ne ferai pas de pub non plus.
Ecrit par : thomas | 20.05.2009
Merci Thomas et....bienvenue en Bretagne ! ;-)
Ici, c'est cool, l'interface est simplissime, mais c'est la même que sur d'autres sur lesquelles j'ai déjà travaillé.
Je vais t'envoyer un mail, j'ai besoin de doc pour le polar-rock en cours.
Comme tu es un spécialiste, cela s'impose.
Amitié.
Marc.
Ecrit par : Marc Louboutin | 20.05.2009
Côtes bretonnes et embruns auront vite fait de nous faire oublier la Seine et l'atmosphère pesante de la Ville Lumière.
Merci de nous faire partager ton repos, et ce coup d'air frais. Ca fait du bien.
Je mets à jour mes liens.
Ecrit par : Bernard | 20.05.2009
Bonjour Marc ,
voici une drôle mais belle occasion d'avoir de tes nouvelles et de voir un peu ton chemin de vie!
bonne continuation dans ta nouvelle Aventure!
bonne chance pour tes écrits en cours et à venir!
Bises
Béa
Ecrit par : BEA | 20.05.2009
Bonjour Marc ,
voici une drôle mais belle occasion d'avoir de tes nouvelles et de voir un peu ton chemin de vie!
bonne continuation dans ta nouvelle Aventure!
bonne chance pour tes écrits en cours et à venir!
Bises
Béa
Ecrit par : BEA | 20.05.2009
Bonsoir Marc, je te suis dans tes pérégrinations, mais avec fidélité... Amicalement.
Ecrit par : Patrice Grihault | 20.05.2009
Mercià tous.
;-) particulier à Béa.
L'aventure, c'est un peu notre lot depuis longtemps...
Biz
Ecrit par : Marc Louboutin | 20.05.2009
Bonjour Marc,
L'illusion est parfaite pour moi, même quand tu y écriras de retour à Paris.
Bonne idée ce blog. Vraie bonne idée.
Plus de chance que je vienne te lire de façon régulière ici, que dans ce tentaculaire endroit que tu as quitté.
Et que personne ici ne veut décidement nommer.
Pas mon cas, pourtant je n'y suis plus, mais je respecte.
Bonnes pages en attendant :-)
Ecrit par : corrine | 25.05.2009
aaahhh Marc c'est bien plus beau que les voitures la Bretagne
c 'est très reposant et au moins on a de tes nouvelles
bonne continuation !
bises
Ecrit par : beat | 29.05.2009
Belle émulsion,les embruns en prime de là où tu te trouves ,Paris doigt te sembler rongée par son orgueil...
Ecrit par : brice françois | 31.05.2009
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